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Les jeux de l’amour et du langage

Chapitre XII.
Le langage blanc d’Hypérion,
ce Tristan du monde moderne

Qu’il s’agisse de la Diotima du roman ou de la Suzette Gontard de la réalité, cette mère de son élève de Francfort qui sera le grand et l’unique amour de sa vie, il est indéniable que l’héroïne d’Hypérion est, pour celui qui l’aime, beaucoup plus un être rêvé que réel. En fait de réalité, Diotima n’en a que ce qu’il faut pour donner prise à la rêverie. Diotima est pour le narrateur d’Hypérion à la fois perdue et retrouvée. C’est cette situation en équilibre entre ces extrêmes qui lui donne et sa réalité et sa beauté : « Alors dans ce douloureux sentiment de ma solitude, avec ce cœur saignant, vide de toute joie – Elle m’apparut, douce et sacrée comme une prêtresse de l’Amour ; tissée de lumière et de parfum, délicate, immatérielle ; au-dessus d’un sourire empreint de calme et de céleste bonté, de grands yeux inspirés trônant avec une majesté divine… »

Il existe plusieurs ébauches d’Hypérion. Ce sont les échafaudages de ce roman qui en constituent la trame. C’est ainsi que la manière qu’a Hölderlin de procéder contribue à raffermir en nous le sentiment de cette irréalité que le poète entendait nous communiquer. L’atmosphère de laquelle Hölderlin fait surgir ses personnages travaille à gommer ce que cette histoire pourrait avoir de par trop prosaïque. D’emblée le décor de la Grèce, où Hölderlin a décidé de faire évoluer les héros de ces amours renversées, s’impose à notre esprit. Aucuns lieux mieux que ceux-là ne pouvaient répondre à la splendeur du propos. Il est indéniable que, par son ardeur, le soleil de Misitra contribue ici au retournement des consciences dont ce récit veut être le prétexte. Tant elle est évidente, la paix opaque de ces lieux ne peut que vous acculer à trop voir les choses comme elles sont. Les cyprès trop noirs, la trop grande beauté de ces îles ne peut que sournoisement déchirer. Il en résulte que la prise en charge de notre présence à nous-mêmes est la source d’un cafouillage général, lequel, en fait de conscience, constitue à la fois ce qu’il y a de plus accompli et le pire.

En choisissant la Grèce comme décor devant lequel se déroulent les épisodes de son roman, de ce roman dont il fait une aventure mythique, à peine lui a-t-il donné un semblant d’existence que Hölderlin vise à identifier l’amour à la nature. D’abord, la rencontre d’Hypérion et de Diotima a lieu dans l’ombre calme d’un bois où joue la lumière de midi, un jour de printemps, et on dirait que l’amour des deux amants y fait écho aux jeux de la clarté dans ces sous-bois. Alors, cette gaieté se prolonge dans leur cœur. Plus tard, c’est dans ce même sous-bois qu’en plein été aura lieu la première étreinte brûlante mais chaste des deux êtres. Cette fois encore la nature semble les inviter à se rejoindre. En se refermant au-dessus d’eux, ne les invite-t-elle pas à se rapprocher toujours davantage ? Mais il est vrai aussi que ce bois sacré est sombre. L’ombre de Diotima, elle aussi, est glacée. Comment Hypérion pourrait-il s’en accommoder lui qui est le soleil ? Son amour, c’est donc sa mort qu’il signe. Cependant, comme le soleil ne peut pas mourir, il brûlera et son amour sera l’aliment de son feu ; son amour comme en filigrane dans cette fournaise. Jamais poète n’a énoncé avec autant de force les principes qui régissent la dialectique du soleil et de l’ombre, du jour et de la nuit, de l’amour et de la mort. Mais à trop entrer dans le raisonnement de Hölderlin on s’égare : véritablement l’affirmation de l’amour suppose-t-elle sa destruction ? Sans aucun doute et la splendeur de la Grèce est là pour l’attester. L’amour a son langage, qui est le même que celui des saisons lesquelles, pour renaître, détruisent ce qu’elles engendrent.

… « Elle avoua, sainte simplicité, elle avoua en fondant en larmes qu’elle aimait trop et prit congé de tout ce qui jusqu’à présent lui tenait au cœur en s’écriant : “Me voilà devenue infidèle au printemps, à l’été et à l’automne, indifférente au jour et à la nuit, détachée du ciel et de la terre ; je n’appartiens plus qu’à un seul, à un unique ; mais les fleurs de mai, les ardeurs de l’été et la maturité de l’automne, la clarté du jour et le recueillement de la nuit, et la terre et le ciel sont réunis pour moi dans cet unique ! C’est ainsi que j’aime.” Et alors, le cœur débordant de plaisir, elle me considéra, dans l’ivresse audacieuse et sainte de la joie, elle m’enlaça de ses deux bras et me couvrit le front et la bouche de baisers. »

Dans l’instant même où elle avoue qu’elle est prise par l’impulsion du désir, Diotima se dit « détachée », non pas seulement « du ciel », mais aussi « de la terre ». Ce retournement du langage sur lui-même prouve ceci seulement que le poète est passé maître en l’art, comme le dit Blanchot, de cette « dialectique de l’égarement » qui est le fondement même de tout langage. Peu importe que Hölderlin dise ici à la fois ce qu’il dit et le contraire de ce qu’il exprime. Au fur et à mesure qu’il énonce une proposition, par un tour de passe-passe auquel il procède devant nous sans que nous en ayons vraiment conscience, il lui en substitue une autre. Que, dans l’opération, le langage se délite, cela est inévitable. Mais quelle importance cela a-t-il ? Ne s’agit-il pas de dire l’amour et comment pourrait-il se dire sans faire perdre au langage toute sa cohérence ? De toute manière est-ce qu’utilisé d’une façon adéquate il ne se contente pas de singer le silence lequel, par ailleurs, est fait de la parfaite imbrication des contraires ? « Nous parlâmes très peu ensemble. On a honte de son langage. On voudrait n’être plus que son et se fondre en un seul chant céleste. De quoi aurions-nous parlé, aussi bien ? Nous n’avions d’yeux que pour nous. Parler de nous, nous n’osions. C’est de la vie de la terre que nous finîmes par parler. Jamais encore on n’avait chanté à sa gloire hymne plus enflammé et plus filial. Grand bien nous fit d’épancher le trop plein de notre cœur dans le sein généreux de notre Mère. »

Mais, à son tour, par ses poses hiératiques, sa froideur, Diotima nous assure que, du moins dans l’esprit d’Hypérion, elle a rejoint le mythe :

« Sans m’en rendre compte je m’emparai de sa main, s’écrie Hypérion, et la pressai avec force contre mon cœur gémissant.
« Comme brusquement arrachée à un rêve, effrayée, elle se dégagea avec le plus d’égards possibles et la majesté de son regard m’anéantit…
« Comme un homme pourchassé par des esprits malins, je courus vers la forêt, y rôdai au hasard, puis m’écroulai enfin dans l’herbe sèche.
« J’étais comme une bête sous la main du boucher. »

À partir de cet instant, Hypérion n’aura de cesse qu’il en soit, dans ses amours avec Diotima, revenu au silence. Cette fois, il a compris que c’est à son tour de remonter le cours de sa nature de manière à se fondre dans la transparence. Pour parvenir à ses fins, il n’a pas le choix : il faut qu’il restitue tout entière sa Diotima au monde duquel il n’aurait jamais dû l’extraire. Elle était une apparition dans la clarté éblouissante du soleil : il la rendra à la lumière dans laquelle elle n’aura pas de peine à se fondre à nouveau. Après tout, Diotima était un de ses rêves éveillés, n’est-il pas normal qu’elle le redevienne ? « Le soir où je l’avais quittée avait cédé à la nuit, la nuit au jour ; mais pas pour moi. Dans mon existence il n’y avait plus ni sommeil ni réveil. Ce n’était plus qu’un songe continu où je rêvais d’elle, un songe de bonheur et de souffrance, une lutte de la crainte avec l’espoir. »

Ainsi, l’amour ce sera d’abord l’éloignement puis les lettres, et enfin le silence : « Ne vas-tu pas désapprendre à aimer ? s’écrie Diotima qui a compris dans quel jeu Hypérion veut l’entraîner et qui surenchérit sur lui dans un éloignement non exclu de narcissisme. Quoi qu’il en soit, continue ta marche en avant. Je te suivrai. Je crois même que, s’il t’était possible de me haïr, j’irais jusqu’à te suivre dans ce sentiment et je m’efforcerais de te haïr également. Ainsi nos deux âmes resteraient toujours au même diapason et ce que je te dis là, Hypérion, n’est pas une exagération dictée par la vanité. »

C’est alors que, par une lettre, Alabanda invite son ami Hypérion à participer au soulèvement de la Grèce contre l’oppresseur. Non seulement Hypérion répond affirmativement à Alabanda mais il se fera l’organisateur du combat des insurgés. Contrairement à ce qui se produit d’ordinaire, ce n’est pas la présence de celle qu’il aime qui donne à cet homme le courage de combattre. Ce courage, il l’a, comme par surcroît, parce qu’il a d’abord eu celui de se séparer de cette femme idolâtrée.

Hölderlin sait que Suzette Gontard ne partage pas sa foi révolutionnaire. Elle fait partie de cette société à la fois féodale et capitaliste de Francfort qui refuse d’accueillir Hölderlin parce qu’il n’a pas les apparences d’un homme du monde. De son côté, comment Hölderlin pourrait-il admettre de vivre un amour qui reposerait sur la trahison de celui qu’il éprouve pour tous les hommes ? À partir de cet instant il devient évident que Hölderlin transforme son aventure personnelle en une légende :

Et certes
Bonnes sont les légendes, car elles sont un mémorial
Au Très-Haut, pourtant il est besoin
D’un qui interprète les légendes sacrées.

Son drame avec Suzette Hölderlin en fait une légende. À moins qu’on ne tienne son roman pour l’interprétation d’une « légende » ancienne que sa souffrance l’aurait aidé à retrouver. La douleur confère une résonance à la fois feutrée et éternelle aux textes authentiques qui la transcrivent. À partir de l’engagement révolutionnaire de leur auteur on lit moins les pages d’Hypérion qu’on ne prend conscience du fantôme du sens qui les hante. Le texte du livre est à double fond : son sens prosaïque, d’ailleurs difficile à saisir par les moyens de la lecture ordinaire, se dévide sous nos yeux comme si une succession de caches, en s’effaçant, révélaient un autre sens, plus important que le premier et dont nous ne saisissons pleinement la signification que par le cœur. Sans doute en lisant Hypérion a-t-on l’impression d’assister à l’accomplissement d’un prodige. Mais en vérité il n’y a pas de miracle : Hölderlin écrit comme il est inspiré. Le comble du romantisme rejoint ici le classicisme le plus accompli. Tout compte fait, il est parfaitement possible de tenir Hypérion pour un opéra. Hölderlin nous parle moins que ces héros ne chantent dans notre inconscient. Dans certaines partitions l’intervention de certains instruments, le plus généralement celle des violons, est volontairement entravée. Il s’agit, dans le même temps que cette musique se fait entendre, de donner à penser qu’on ne nous parle pas tant par l’entremise d’une partition musicale que par celle d’une forme d’expression qui n’a pas de nom. Hypérion est plus encore qu’une musique : une déchirure vécue jusque dans la moindre de ses imputations. Au reste, comment dire cela avec des mots puisque aussi bien s’agit-il de les dépasser ? Chez Hypérion, l’amour de l’humanité, de la splendeur aussi de la vie et de la nature se traduit donc par un renoncement à la fleur même de la vie : à l’amour. L’attitude est bien dans le style de Hölderlin : avec lui les contraires se renforcent. C’est alors que, tout à coup, à la faveur de cette révolution grecque, Hölderlin sent l’air circuler entre les êtres. Par-delà sa douleur, il lui semble qu’il débouche non pas sur un monde imaginaire et fabuleux mais, enfin, sur le monde. Dans ce que le pouvoir en place appelle l’anarchie, pour lui, tout, au contraire, s’articule à merveille. La vie est rendue à sa forme véritable. Avec ce goût de sang, c’est celui de la vie qui revient. À la lumière de ces événements qui se préparent dans le Péloponnèse comment pourrait-il ne pas se rendre compte qu’il vivait jusqu’alors une espèce de mort ?

Une « espèce de mort » ? Et pourtant, il aimait, il aime encore ? Sans doute, mais il faut toujours abattre de nouvelles barrières, laisser toujours davantage entrer la lumière en soi. Tant qu’on ne s’est pas identifié à cette lumière, on ne s’est pas dépouillé assez. Ce n’est qu’à partir du moment où l’on n’est plus que deux esprits qu’on peut se toucher le cœur. Tant qu’on n’a pas donné ce qu’on croyait essentiel à sa vie, on n’a rien donné, on vit dans la nuit. Ainsi on dit « mon amour », alors que l’amour n’est à personne. C’est « amour » qu’il faut dire. En vérité, cette ouverture sur le monde dont témoigne Hypérion, en dépit des apparences, loin de nier sa passion pour Diotima, la magnifie. Dès lors qu’il a enfin renoncé à se refermer sur ce qu’il aime sous prétexte qu’il aime, il se sent, à la fois plus seul que jamais et habité. Subitement, il a le sentiment de ne plus être qu’une blessure. Et pourtant, il y a quelque chose d’exaltant ne serait-ce qu’à accomplir ce qu’on doit. Le seul fait de pouvoir se dire qu’il a fait preuve d’un certain courage aide notre héros à renforcer l’ombre des oliviers dans son incroyable légèreté. D’être qui nous sommes avec un peu de cohérence rend sa raison d’être aux choses qui sont. La raison de ce miracle (car c’en est un) est que, dans l’opération, on n’a pas hésité à remettre sa vie en cause. C’est à la mort, quand on l’y introduit, qu’on doit de donner son vrai sens à l’existence. Il n’est pas d’autre dialectique : la mort fait partie du tissu de la vie.

Bien que tout ce récit se solde par un échec – échec de l’amour de ces deux êtres l’un pour l’autre –, il se déroule avec une rigueur à ce point implacable qu’on en vient à ne pas pouvoir imaginer qu’un roman d’amour puisse se dérouler autrement. Comment, en effet, le don qu’un homme fait à la femme qu’il aime serait-il complet s’il n’impliquait ce à quoi il attache le plus de prix, à savoir son amour même ? Absurdité de l’amour qui veut qu’on se comporte comme si on le niait pour qu’il soit.

La situation dans laquelle Hypérion va bientôt se trouver sera d’autant plus horrible ou plus belle que le combat dans lequel il s’est engagé, et pour lequel il a quitté celle qu’il aime, va tourner à la dérision. Ses compagnons transformeront en effet en expédition punitive assortie de pillage la guerre révolutionnaire pour laquelle ils s’étaient tous enrôlés. Parvenu au comble de la souffrance, Hypérion garde pourtant une lucidité exemplaire. On sent cet homme penser à la fois si profondément et si simplement à son sort qu’on le voit remonter le cours même de toute pensée au point qu’il s’identifie à la pensée même. Cette fois, il est l’Androgyne que Diotima l’incitait à devenir à son tour ; l’Androgyne ou moins encore : la constellation de son signe :

« J’ai longtemps attendu, je te l’avouerai, écrit-il à Diotima, j’ai ardemment espéré que de ton cœur me viendrait un mot d’adieu, mais tu gardes le silence. Et lui aussi, Diotima, est un message de ta belle âme. Mais ce n’est pas pour autant, n’est-ce pas, que vont se taire plus haut les accords sacrés ? Si le tendre clair de lune de l’amour disparaît, les hautes étoiles de son ciel n’en brilleront pas moins. »

Dans Fragments d’Hypérion, Hölderlin s’est identifié à son héros : « Ô Bellarmin, dit-il, un peuple qui aime le Beau, qui honore le génie dans ses artistes, il y passe le souffle de vie d’un esprit universel, la timidité y ouvre son cœur, la morgue s’en va, grands et pieux y sont tous les cœurs et l’enthousiasme y enfante les héros. Un tel peuple est la patrie de tous les hommes et l’étranger se plaît à y séjourner. Mais là où la divine nature est offensée de la sorte en même temps que ses artistes, c’est hélas ! le meilleur de la joie de vivre qui part et n’importe quelle autre planète vaut alors mieux que la Terre. Les hommes y sont de jour en jour plus rustres, plus incultes, eux qui pourtant naissent tous beaux ; le goût de la servitude s’accroît, avec lui la brutalité, l’ivresse augmente avec les soucis et en même temps que la sensualité, la faim et la disette, la manne bénie de chaque année tourne à la malédiction, et les dieux fuient tous. » Pour Hölderlin être un poète, c’est d’abord lutter. Si on veut rendre la Terre à la lumière, il faut, au préalable, l’emporter sur la matière, se briser soi-même : « … le fait que l’être humain préserve l’Esprit, comme la prêtresse la flamme céleste, c’est là son intelligence. Et c’est pourquoi libre arbitre et puissance supérieure d’ordonner et d’accomplir lui ont été donnés, à lui, le semblable aux dieux ; c’est pourquoi encore, le langage, le plus dangereux des biens, a été donné à l’être humain, pour que, créant, détruisant et disparaissant, et retournant à l’éternellement vivante, à la maîtresse et à la mère, il témoigne avoir hérité ce qu’il est, avoir appris d’elle ce qu’elle a de plus divin : l’amour qui consacre l’univers. » En d’autres termes Hölderlin a saisi qu’il n’est pas pour lui de meilleur moyen de poursuivre sa tâche de révolutionnaire que d’écrire. Pour lui le métier de poète prolonge celui du combattant comme celui-ci celui de l’amant. En vérité, en lui, l’amoureux, le révolutionnaire et le poète ne font qu’un seul et même être. En luttant pour parvenir à dire ce qu’il entend exprimer, Hölderlin sait que le poète rend à l’univers sa miraculeuse et sidérale légèreté.

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